Pub

Je cite : Si tu changes 5 lettres à Coca ça fait chatte.
Je pense : ¿Por qué el pollo cruzó la carretera?
(mis à jour mardi 10 juin 2008 à 23:43)

24/04/2008

24/04/08 - 17:36

Urban story




"Dans le métro, il ne reste plus qu'un siège dans un carré de quatre places : je m'y assois prés d'un pakistanais qui pue les épices, d'un vigile caucasien dont le chien empeste le mouillé, d'une fillasse en chaussures de sport qui sent des pieds et d'un type, debout près de moi, qui exhale une haleine chargée de tabac froid. Je me lève, cherche une autre place : il n'y en a pas. Je reste donc debout, entre un Noir sentant un mélange de haschich et de transpiration et une ménagère qui écoute si fort son mp3 qu'à elle seulle, en oscillant la tête de droite à gauche et inversement, elle résume l'ilotisme contemporain. Je descends du wagon, monte dans un autre où il n'y a plus de place, pui quitte le métro à la station suivante, bien avant ma destination, quoiqu'il pleuve et que les rues soint encombrées de voitures, et les trottoirs par des cyclistes agressifs. Je me réfugie à l'église Saint-Antoine où je tente d'oublier le bruit du monde auprès d'une vieille femme qui rote de l'ail en marmonnant, et que je fuis comme si elle était le diable en personne. que la littérature peut contre cela ? a quel saint me vouer ?"

Richard Millet "l' Opprobe"


Voilà ce qui m'est venu à l'esprit lorsqu'avant hier je me suis retrouvé coincé dans le RER B à l'heure de pointe mettant 45 minutes pour rejoindre République depuis Saint Michel via la gare du nord. 15 minutes d'attente sur le quai St Michel sans annonce, sans excuses, RER bondé à son arrivée, compressés les uns contre les autres pas besoin je tiens debout par la grâce des ventres et culs de mes compagnons d'infortune. Premier arrêt en plein milieu d'un tunnel avant Châtelet, 5 minutes d'arrêt sans annonce sans excuses, mon voisin de derrière me dit dans un sourire "Je descends à la prochaine" je lui réponds " Bon courage, il va falloir batailler !". Je regarde autour de moi, il y a des couples en costumes de bureau qui rentrent dans le 93, des gens différents mais tous dans la même galère.J'avais chaud, je sentais les odeurs des autres comme ils sentaient sûrement la mienne. A Chatelet le train s'est vidé pour mieux se remplir à raz bord. Autre arrêt en plein milieu du tunnel, pas d'annonce, pas d'excuse, 5, 8..minutes, je regarde les gens autour de moi, ils ont l'air habitués voire résignés, ça m'émeut, comment peut-on accepter cela ? Ils payent leur navigo, ils ne peuvant faire autrement que prendre les transports pour aller travailler et rentrer chez eux, ce n'est pas métro, boulot, dodo mais un véritable d'endurance nerveuse, jusqu'où vous pouvez tolérer qu'on vous avilissent ainsi ? Qu'on vous renvoi dans vos banlieues pourries comme du bétail jusqu'à ce que vous bronchiez. Je me sentais privilégié de ne pas avoir à subir ça tous les jours.
J'ai donc repensé à ce passage du livre de Richard Millet "l' Opprobe", ce nouveau membre du groupe des nouveaux réactionnaires rebelles, polémistes télévisuels que sont Zémour, Finkelkraut, Tesson ou le FN Alain Sorel ( qui avec sa soeur Agnès donneraient envie d'interdire la reproduction à certains couples ). Ces rebelles de droite incompris par ce monde de gauchistes, de droits de l'hommistes qui les entourent, se victimisant drapés dans la certitude d'être supérieurs intellectuellement et que nous ne sommes que de pauvres cons qui ne comprennent rien à rien. Ces mâles hétéros de droite, d'un certain âge dont la supériorité établie depuis des décennies vacille pour qui les femmes, les étrangers, les pédés sont une menace pour la société alors qu'on ne menace que leurs privilèges injustement acquis parce qu'ils sont nés hommes blancs hétérosexuels et pensent représenter à eux seuls l'humanité, la société, plus que cela même ils SONT la sociéte, ils sont l'intellect, la classe pensante. dans leurs petits esprits étriqués voilà leur vision du monde nombriliste. "Ilotisme contemporain" ? Mais c'est Richard Millet qui est dans l'ilotisme, dans un monde qui n'existe que dans son esprit, un monde où il est le maitre, le chef, le juste, l'oracle, prendre le métro et la façon dont il décrit l'experience montre toute sa condescendance pour le genre humain, son égocentrisme et la haute idée qu'il se fait de lui-même. Il parle comme un handicapé social qui n'a pas conscience du monde qui l'entoure, qui vit dans sa bulle, quelqu'un de foncièrement inintéressant bien qu'il pense tout le contraire. les gens qui ont toujours raison sont des cons, les gens qui croient avoir toujours raison sont des malades sociaux.
Ils vivent renfermés, repliés sur eux-mêmes non pas par timidité ( quoi que pour moi la timidité a toujours été suspecte, la plupart des timides le sont parce qu'ils ont peur de dire une connerie en public alors que dire des conneries en public et être corrigé, c'est accepter son ignorance et surtout vouloir apprendre, la timidité est une forme d'orgueil) mais pour ne pas être confrontés à leur propre réalité, pour ne pas qu'on leur renvoi leurs faiblesses, que l'on nie leur superiorité. Ils fuient les autres parce qu'ils ont peur qu'ils leur rappellent qu'ils ne sont pas des Dieux mais de simples mortels comme eux, que l'exception d'un être n'est pas dans la supériorité mais dans son originalité, sa différence et ce qu'il apporte au monde, aux autres. En restant la tête dans son propre cul il ne faut pas s'étonner que les autre pensent que vos idées sentent la merde. Et c'est précisément ce à quoi j'ai pensé, je me suis demandé ce qu'aurait dit les autres au sujet de ce trajet en métro avec Millet, la "fillasse" aux baskets puantes par exemple :" Un type me regardait avec insistance dans le métro, le regard inquisiteur, condescendant, un air supérieur comme si sa merde ne puait pas. Il ressemblait à ces handicapés sociaux qui tremblent et suent dés qu'on leur adresse la parole. Il ést surement célibataire car il était habillé comme un sac. Il descendu à mon grand soulagement, son regard, son attitude me mettaient mal à l'aise". Ni la littérature ni Dieu ne peuvent rien pour Millet,c'est un cas pour la psychiatrie.
Sur le quai de la gare du Nord, suant et un peu enervé par ce trajet inconfortable, mon retard aussi, je repensais à ces gens dans le RER qui ont continué leur trajet dans ces conditions. Je repensais à l'excellent "frére animal" D'Arnaud Cathrine et Florent Marchet, ce merveilleux conte social qui parle de ces villes dont toute l'économie et la vie des habitants dépendent de l'usine locale comme Michelin à Saint Etienne, ces petites villes toutes acquises à une entreprise qui disparaissent. La mère comme ils l' appellent dans le livre-cd. Je repensais à cette réalité sociale là, à celle du métro et je me demande comment les gens acceptent, le pourquoi je le sais "parce qu'il faut", horrible expression ou même pis "parce que c'est comme ça". Jusqu'à quand vat-on accepter ça ?

La chanson du DRH extraite de frère animal résume tout ce que je viens de dire :

Arnaud Cathrine - La chanson du DRH

commentaires

24/04/08 - 17:57

que viens faire Agnès Soral là dedans?

24/04/08 - 18:02

Je l'ai toujours trouvée conne pas autant que son frère Alain mais pas mal dans son genre aussi.

24/04/08 - 18:21

Ils sont très différents l'un de l'autre, à se demander si ils ont des point communs à part leur enfance et leurs Parents.

24/04/08 - 18:23

"Michelin à Saint Etienne"
Ah bon on a une usine Michelin chez nous ?
Tu dois confondre avec Clermont-Ferrand...

24/04/08 - 20:34

Ah ben quelqu'un m'a devancé concernant "Michelin"! :)

25/04/08 - 00:36

pour voyager en métro il faut mettre toute sa dignité humaine au placard. Je descends du métro et je continue à pied si j'ai le temps, mais quand je n'ai pas le choix... C'est une humiliation de se résigner à s'entasser. Il serait interdit de transporter des animaux dans ces conditions.

Les commentaires sont automatiquement fermés aux visiteurs au bout de trente jours.

 

Les MP3 proposés ici sont mis à la disposition des lecteurs uniquement pendant une durée limitée et ce, dans une volonté de promouvoir la musique. J' ose ésperer que ces "échantillons" peuvent donner envie d'acheter les disques. Mais si, malgré tout, en tant qu'ayant droit, vous n'acceptez pas ma démarche, contactez moi et les MP3 concernés seront immédiatement supprimés.

Médias libres :

News : Rue89
La télé libre