Retour aux basiques : En ce moment je bois beaucoup de Perrier
Je dormais, je rêvais et je me suis réveillé. J'ai rêvé de cette copine de ma mère, impossible de me souvenir de son prénom, je me souviens de son visage, de ses vêtements, de tout mais son prénom impossible. C'était un vrai personnage, ce dont je me souviens surtout c'est que plus jeune ( elle devait avoir 25 ans maxi dans les années 80) elle "trainait" et elle avait poignardé un mec dans une bagarre, c'est d'ailleurs comme ça que mon père l'a connue, il s'occupait aussi de la réinsertion en école de coiffure et comme il était gentil il l' avait pris sous son aile et elle venait à la maison souvent, elle m'apportait des Kinder, ça je m'en souviens mais son prénom impossible. Tout ça je l'ai su après, à 5 ans voire 4 je croyais que c'était une copine de ma mère et puis c'est tout. Je ne sais pas pourquoi j'ai rêvé d'elle, les rêves sont étranges parfois, ils ramènent des gens qui semblent être là pour de vrai, c'est déstabilisant. A vrai dire elle me foutait la trouille pourtant elle m'adorait apparemment, décrite comme je viens de le faire on imagine une butch alors qu'elle était hyper coquette mais ce dont je me souviens c'est de la fois où elle racontait "l'accident", elle disait, et je me souvens très bien " enfoncer une lame dans quelqu'un c'est très dur, on n'a pas idée de combien la peau est dure, il faut frapper d'un coup sec et très fort" c'est pas une citation littérale mais l'idée générale de ce qu'elle avait dit, j'avais 5 ans et ça m'avait foutu la trouille parce que je crois que je n'avais jamais imaginé qu'on pouvait enfoncer un couteau dans quelqu'un, j'avais juste balancé une fourchette à gâteau dans la tronche d'une de mes soeurs mais un couteau je n'y avais jamais pensé.
Intermède avec une photo qui n'a rien à voir :

Donc elle me foutait la trouille parce que des fois elle était brutale ce qui contrastait avec sa douceur générale et son physique du coup j'avais la trouille quand je jouais avec elle à la console Atari je la laissais gagner, de toute façon elle me poussait de l'épaule. J'en parle pour voir si son prénom revient mais rien, je vieillis, j'ose pas réveiller ma mère pour lui demander. Elle ne faisait rien de particulier dans mon rêve, c'était juste la sensation de peur qu'elle me faisait, pas vraiment de peur en fait...de danger voilà, une sensation de danger comme une grenade dégoupillée qui pouvait péter à tout moment.
Bizarrement je me souviens de Régis, lui c'était le copain d'une amie de ma soeur ainée mais là j'avais 8/9 ans donc c'est plus clair. Régis sortait de prison pour traffic de drogue et il allait dormir dans ma chambre deux jours avant de rentrer chez lui en province. Ben je me souviens de deux choses, la première c'est d'avoir planqué ma poupée Barbie parce que j'avais peur qu'elle l'excite ( là je me dis que j'ai un grain) et surtout qu'il puait des pieds ce qui fait que dans mon esprit, il y a une association d'idée entre dealer et puer des pieds. toute fois malgré tout je ne me souviens toujours aps du prénom de l'autre.
Interlude picturale sans rapport aucun :

Mais je me demande si je n'ai pas rêvé de ça à cause de la discussion qu'on a eu avec Serge en nous quittant hier soir Station Saint Michel, on parlait de la confrontation aux crises d'hystéries amoureuses des autres auxquelles nous avions été confrontés enfant et moi je cumulais mes soeurs et toutes les amies de ma mère plus celles de mes soeurs, ce qui fait que d'aussi loin que je puisse m'en souvenir j'ai toujours vu des femmes hystèriques venir pleurer sur nos multiples canapés en braillant que les mecs c'était tous des cons..dans mon rêve j'ai extrapolé. Je ne me souviens toujours pas du prénom de l'autre....Je me souviens de Frederique qui était arrivée à minuit en larmes, elle venait de rompre, ma mère m'a envoyé faire du café à la cuisine, je devais avoir 12 ans là, avec ma soeur je me foutais d'elle dans la cuisine " Elle dit qu'elle l'a largué mais il a du lui dire un truc genre faut qu'on parle et comme elle ne voulait pas se faire larguer elle lui a sorti je te quitte tout à coup", j' ai recomposé un air concerné de circonstance sur mon visage en revenant dans le salon avec le plateau sur lequel il y avait le café chaud bouillant et les tasses quand mes pieds se sont pris dans le tapis et le plateau a aterri sur Frederique la brulant à un degré avancé. Y' a des gens qui cumulent, cette fois je ne l'avais pas fait exprès comme lorsque que c'était une autre copine de ma mère, Marie-Françoise, qui était venue chialer sur sa vie amoureuse, elle avait laissé son sac moche dans la cuisine, un sac en cuir beige, je venais de retrouver un pyrograveur à la cave et je m' amusais avec, alors pendant qu'elle chialait au salon j'ai pyrogravé une bite au fond de son sac.
Je crois qu'en fait j'en voulais à toutes ces nanas que ma mère écoutait avec attention voire gourmandise depuis des années alors que moi elle ne m'entendait pas.
En fait il y a deux jours j'ai rêvé de cette époque où elle n'était jamais là et qu'elle me manquait et dans mon rêve je devais avoir 6 ans, j'avais la sensation de mes 6 ans, de l'abandon et j'hurlais son nom mais elle n'était pas là, jamais là et je me sentais vraiment seul, cette sensation est là toujours en moi malgré le temps, malgré le pardon, rien que de reparler de ce rêve je ressens encore cette sensation d'abandon et je crois que c'est comme ça que j'ai décidé de ne plus jamais m'attacher à quelqu'un au point qu'il me soit indispensable, que j'ai décidé d'être parfaitement autonome affectivement pour ne plus jamais être abandonné, ne plus jamais ressentir ça, une forme de résilience et pourtant il suffit d'un rêve, pas même un cauchemar pour que ça revienne. Parfois je me demande s'il y a des choses dont on guerri vraiment, des peurs quasi primales. Je me suis souvenu aussi en cm1, de la maitresse, Mlle Yarre, qui me demandait pourquoi il y avait toujours un cimetière dans le village des schtroumpfs que je dessinais, c'est même une des premières choses que je dessinais, je me souviens....parce que dans mon enfance il y a toujours eu un cimetière, une tombe au milieu de mon village de schtroumpfs, au milieu de mes jouets, au milieu de ma chambre, sur mes photos de famille pour moi ça a toujours fait partie intégrante des choses sans que ce soit terrible, noir, triste etc...c'était normal. Je crois que c'est pour avoir été confronté à la mort tôt que je n'ai jamais été gothique et que j'ai toujours trouvé ça grotesque, j'ai même toujours cru que ce que les gothiques ou assimilés "pleuraient" c'était leur enfance perdue, le privilège de l'enfant moi je n'ai jamais eu rien à perdre et toujours tout à gagner.
19/04/08 - 11:20
De l'écorché et de l'écorce.
PS : Je vous expliquerai plus tard ce commentaire.
joelsud