Françoise Sagan
et non pas Sagat.
Après avoir lus "A toute allure" de Marie-Dominique Lelièvre, la biographie qu'elle consacre à Françoise Sagan ( mais qui éclaire aussi très bien sur le monde de l'édition française des années 50 ) et enchainé avec "Derrière l'épaule" l'autobiographie de l'auteur j'avoue être devenu fan de Sagan pourtant de l'"adorable monstre" je n'ai lu que "Bonjour tristesse" ce qui me range presque dans la catégorie des gens qui l'interpellaient dans la rue pour lui dire "Je ne vous ai jamais lu mais je vous aime beaucoup".
Ma génération n'a de Sagan que l'image d'une femme begayante plongée dans la cocaine, croire cela serait comme ne garder de Gainsbourg que l'image de l'alcoolique télevisuel de service.
Sagan c'était la liberté absolue mais non revendiquée, non militante presque accidentelle, elle ne se posait pas la question.
J'aime le grand n'importe quoi de sa vie, ses anecdotes hilarantes et ses bons mots. Plus de la moitié du manuscrit de son 3eme livre qui s'envole par la fenêtre du Lutetia et qu'elle publie tel quel ce qui fera dire aux critiques que les personnages manquent d'épaisseur alors qu'ils avaient juste pris le large sur le boulevard Raspail :).
Sagan c'était aussi une bisexualité libre et assumée, on l'a retrouve ici sur ce magnifique cliché, assise sur un feu rouge à Vavin à 5h00 du matin quand Paris s'éveille et que les fêtards s'éteignent avec le père de son fils..il avait des amants, elle avait des amantes :

Ses histoires d'amour avec Peggy Roche surtout ( qui est enterrée avec elle à Cajarc sa ville natale du lot), ses "coups" comme Ava Gardner, sa passion du jeu, des voitures et surtout un je m'en foutisme complet au niveau matériel qui fit qu'elle était complètement ruinée à sa mort et qu'elle ne légua qu' 1 million d'€ de dettes à Denis son fils unique.
Sagan était une star française et internationale dans les années 60 au même titre que Bardot ce qui lui permettait de convoquer l' Ortf pour retrouver son chien devant un journaliste halluciné :
Le biopic sur Sagan fait pour la télé par Diane Kurys sortira finalement au cinéma, Sylvie Testud y campe l'auteur comme l'atteste cet hallucinant cliché :
Quoiqu'il en soit je serais toujours plus Sagan que Sagat, je partage la même salle de gym que l'un alors que j'aurais rêvé de prendre un café avec l'autre.
22/02/08 - 16:01
très bien écrit.
sicklysweet